Alexia Laroche-Joubert est un personnage important de la télévision française. Elle fut une des pionnières de la télé-réalité, produisant le célèbre Loft Story, premier programme de ce genre dans notre pays. Mais c’est par l’émission de TF1 Star Academy que le public l’a découverte. Elle était la Directrice du Château, dans lequel vivaient et travaillaient les élèves, candidats du premier télé-crochet français. Jennifer, Nolwenn Leroy, bien d’autres, furent à l’époque maternés, coachés, guidés par Alexia. Une exposition médiatique énorme, une audience moyenne de 7 millions de téléspectateurs, un succès fracassant. Sa carrière de productrice et d’animatrice se poursuit depuis lors, sur TF1, W9, D8, et lui donne aussi l’occasion de cultiver son autre passion, l’équitation, grâce à ses émissions pour Equidia. Très gentiment, elle a accepté d’être la première personnalité à répondre à une interview pour Horse&Travel.

H&T: Alexia, les chevaux et vous, c’est une histoire qui dure, n’est-ce pas ?

ALJ: Ah oui, vraiment. J’ai commencé à monter à cinq ans. Mes parents n’étaient pas ravis, mais j’ai tellement insisté, protesté, supplié qu’ils ont fini par céder. Au début, ma mère (Martine Laroche-Joubert, grand reporter pour France Télévisions) m’a accompagnée, mais quelques chutes l’ont vite dissuadée... Moi j’ai continué pendant près de quinze ans, jusqu’à ce que j’aie dix-huit, dix-neuf ans, dans un petit manège de Neuilly. Deux fois par semaine, je me précipitais au club. Je me souviens bien d’un des chevaux, « Offroad ». C’était surtout de la reprise, mais j’ai aussi eu la chance de monter des chevaux de polo, sans jamais pratiquer ce sport d’ailleurs, mais pour les sortir, sur les terrains de Bagatelle. J’adorais çà. Mais comme beaucoup de filles, j’ai dû m’arrêter. Les études, les débuts professionnels... je n’avais plus le temps.

H&T: Monter en concours ne vous a pas tentée ?

ALJ: C’est venu plus tard, quand j’ai recommencé, après dix ans sans monter. C’est le dressage, plus que le saut, qui me plaisait. Pour être franche, l’obstacle me fait un peu peur. J’aime bien cette idée du dressage; d’amener le cheval à un point précis, suivant une trajectoire définie, en lui faisant faire des mouvements complexes. Il faut de la rigueur, de la précision... et beaucoup de travail. J’ai un planning assez chargé, mais je ne renonce pas à monter parfois en compétition.

H&T: Comment vous jugez-vous comme cavalière ?

ALJ: Oh, très modestement. Mais disons que j’ai une bonne assiette et que je place bien mes épaules. C’est aussi ce que j’aime dans le dressage. Il y a une vraie élégance d’allure, une netteté du geste, une pureté, si j’ose dire. Donc, oui, j’ai fait quelques concours, mais parmi mes meilleurs souvenirs, il y a cette époque, quand j’ ai repris, où j’allais monter tôt le matin dans les allées cavalières du Bois de Boulogne. La brume au lever du jour, au petit trop... C’est un endroit merveilleux, finalement assez peu fréquenté.

H&T: Parlez-nous de vos chevaux.

ALJ: Quand j’étais enfant, bien sûr, je n’avais pas de cheval à moi. Je montais ceux du club. Plus tard, il y a eu Chubaka. Dans une période douloureuse de ma vie, le voir, le toucher, le monter était ce qui m’apaisait le plus. C’était presque une thérapie. Aujourd’hui, j’ai deux chevaux à la campagne, que je vais voir et monter presque chaque week-end. Cautivo est un pur-race espagnol de quinze ans, avec son caractère ! Et il y a Narguilé, un double poney que j’ai acheté pour mes filles, mais que je monte aussi.

H&T: Vos filles sont donc cavalières, elles aussi ?

ALJ: Oui, elles ont 12 et 7 ans et elles montent toutes les deux. Mais je ne les pousse pas. Je n’ai pas voulu à tout prix qu’elles fassent comme moi. C’est une vraie envie de leur part. C’est quelque chose que nous aimons partager. Quand elles seront plus grandes, on pourrait imaginer partir ensemble pour de grandes randonnées de plusieurs jours. Je ne l’ai encore jamais fait

H&T: Revenons aux chevaux. Quels rapports avez-vous avec eux ?

ALJ: Je ne suis pas du tout gaga de mes chevaux. Je les récompense, je les soigne bien sûr, je les brosse, je m’occupe de leurs sabots, etc.. Je les aime, mais c’est quand même moi le patron. Il doit y avoir clairement un rapport dominant/dominé. Encore plus quand on parle de dressage

H&T: Et le matériel ? Lui accordez-vous beaucoup d’importance ?

ALJ: Evidemment. D’ailleurs, j’ai des choses à changer bientôt. J’adore le style, les matériaux, l’allure des accessoires. Je suis notamment une vraie fana des selles. J’en ai de toutes sortes : de dressage, bien sûr, très creuse, qui colle bien au cheval, mai aussi d’obstacles, western etc..Ma préférée, c’est une selle gaucho, bien rembourrée. On sent que les gauchos partent pour de très longs raids, dans la pampa. Il leur faut du confort ! Au passage, bravo pour les sacs Horse &Travel. Enfin quelque chose de pratique, pour tout rassembler. Ca manquait vraiment. En plus, ils sont beaux !!!

H&T: Et la télévision ? Vous avez réussi à mélanger votre passion du cheval et votre métier de productrice, bravo !

ALJ: Oui, je suis vraiment fière de ce programme. Equidia Life Académie permet à six jeunes cavaliers, sélectionnés par un grand concours national, de suivre une semaine de stage intensif avec Thierry Pomel, un cavalier olympique, médaillé mondial. Les deux meilleurs gagnent le droit de participer aux Gucci Paris Masters, avec l’élite des cavaliers mondiaux. Ca peut vraiment être un coup d’accélérateur pour un jeune talent.

H&T: Pour conclure, si vous deviez cesser de monter, ce serait un manque ?

ALJ: Bien sûr. Mais je continuerais quand même à aller voir mes chevaux, pour le plaisir !